Edito Juillet 2019

Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient ». On plaisante encore sur les sergents recruteurs qui appelaient ainsi les jeunes à s’engager dans l’armée… On pourrai aujourd’hui lancer le même appel pour l’Église.

L’Église ne vit que par ceux qui participent à sa vie. Elle est présente quand on a besoin d’elle : mariage, baptême, décès, visites, formation catéchétique, mouvements scouts, entraide, sans compter les groupes de réflexions sur la Bible, la philosophie, la dogmatique, l’histoire, etc. L’Église, c’est une institution qui offre des moments mis à part pour la méditation, le ressourcement, le culte.

L’Église essaie de donner du sens à la vie, une espérance, un courage d’être. Elle s’adresse à « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas ». L’Église nous rattache au passé, nous parle au présent et nous ouvre à l’avenir… Elle annonce au monde une Bonne Nouvelle en actualisant le témoignage de la Bible et l’enseignement de Jésus-Christ.

Les vacances sont parfois l’occasion de fréquenter des lieux de cultes nouveaux et de voir qu’au delà d’un « fond commun » s’exprime une grande variété de théologies. Elles sont aussi parfois des moments d’insouciance bien agréables mais qui éloignent de
l’Évangile. Il ne faut pas perdre de vue que l’engagement reste de mise.

La nourriture spirituelle est toujours là, à disposition. Et n’oublions pas qu’en été, les mal nourris ont toujours faim, les pauvres sont toujours pauvres et que la nature mérite toujours notre attention…

Ne pas se désengager ! Passez un bon été et des vacances revigorantes !


Vincens Hubac

Appel aux collaborations « potager » du Centre EPUF de Robinson, réalisation conjointe de notre communauté EPUF et de la communauté adventiste

Voici deux plans réalisés par Sylvette Carrichon.

Elle a planté dans notre potager (voir le plan ci-joint) partiellement aménagé – du côté des Charmilles, devant la « Maisonnette » – plusieurs variétés de tomates (à tuteurer en ce moment) + un pied d’une plante aromatique fort utilisée à Madagascar et deux pieds de courge. Auparavant avaient été plantés des pois et des salades.

Trois autres surfaces d’environ 1 m2 sont prêtes pour des plantations, d’autres devraient être aménagées.Un bac de bois déjà à demi rempli de terre et déchets végétaux peut être à son tour rempli entièrement de terreau et planté (de plantes aromatiques?)

Les plus courageux peuvent continuer à préparer sur le terrain et à ensemencer ou à planter d’autres surfaces d’1m2 pour compléter celles qui existent déjà.Avis aux amateurs de jardinage et aux mains vertes! Faites parler votre imagination et votre talent! 

Renée PIETTRE

L’Esprit de Pentecôte

Jamais, sur son territoire, l’Europe n’a connu de période de paix aussi longue : 75 ans ! la plupart des Européens vivants n’ont jamais subi la guerre…

Cela mérite qu’on s’y arrête un peu, quand des forces nationalistes, populistes, en fait égoïstes, vont dans le sens du repli sur soi frileux et illusoire. L’Europe, c’est un fond de culture commune à tous, des aventures partagées et vécues dans tous les domaines, des avions à Érasmus qui permet aux jeunes d’étudier et de se rencontrer dans tous les pays de la Communauté. Il y a, certes, bien des critiques à faire, en particulier quand on voit une Europe de la finance laisser de côté les questions sociales. Il n’empêche : après avoir démontré que des nations qui se haïssaient pouvaient vivre en paix et bâtir des projets de fraternité, il est utile de se dire que cette Europe a la possibilité de se pencher sur la question climatologique et écologique. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Les Églises protestantes qui mettent à l’ordre du jour l’Église verte témoignent d’une démarche qui vise à faire prendre conscience, en profondeur, du danger que fait courir un laisser-aller de chacun dans le domaine de la pollution. C’est l’affaire de tous, dans une Europe où l’unité des Églises se vit déjà, soit dans de grandes fêtes, soit dans des jumelages de paroisses ou des échanges de pasteurs…

Un Esprit doit revigorer notre Europe. L’esprit du Traité de Rome s’étant un peu émoussé, aux yeux du monde chrétien c’est bien l’Esprit de Pentecôte qui doit nous guider, pour le bien de nos frères et pour la création.

Vincens Hubac

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Edito mois de mai

L’édito de mai était terminé. Hélas, un appel téléphonique me dit que Notre-Dame de Paris est en flammes ! Comme tout le monde cette nouvelle me chagrine. Des souvenirs personnels, des balades sur les quais, une réunion œcuménique… Tant de choses me rattachent à ce lieu ! Mais cet événement dépasse ma petite vie.

Notre pensée va d’abord à nos frères catholiques. Pour eux, la cathédrale est un lieu saint, un reliquaire, avec, entre autres, la couronne d’épine du Christ, les reliques de saint Denis et celles de sainte Geneviève. À la fin du XIIe siècle, l’évêque Sully avait fait construire cette cathédrale comme un lieu de culte et de prières, un lieu de souvenirs, un lieu porteur d’âme.

Les Parisiens aussi sont touchés, car là bat le cœur de Paris, l’histoire de la ville depuis que sainte Geneviève l’a, dit-on, protégée des Huns. Histoire de France, histoire de la littérature, histoire des hommes, visiteurs, pèlerins, amoureux du jardin de l’évêché se retrouvent là… Histoire de l’architecture, histoire de l’aventure du gothique qui dit, du XIe au XIIIème siècle, la renaissance médiévale.

Histoire du monde aussi, car tant de chefs d’État se sont retrouvés là, tant de peuples sont venus. Notre-Dame de Paris appartient au patrimoine de l’humanité, et cela inspire une première réflexion : d’Angkor à Notre-Dame en passant par la mosquée d’Omar, la mondialisation nous fait prendre conscience de la richesse de l’humain, et les témoins de cette richesse n’appartiennent plus au sol qui les porte, mais à l’ensemble des Nations. L’art et la beauté, dans leur profondeur, leur esthétique chaque fois particulière, leur spiritualité, sont les témoins irremplaçables de l’unité et de la spécificité du genre humain. L’émoi international que provoque l’incendie est normal.

Une seconde réflexion cependant, bien protestante : les temples de pierre, aussi formidables soient-ils, ne peuvent durer éternellement. L’usure du temps, la bêtise des hommes, le hasard d’un accident ont raison, tôt ou tard, de ces bâtiments. Le temple de l’Esprit n’est pas dans un joyau de pierre mais dans le cœur des hommes. L’Esprit nous révèle que chaque être humain a une valeur inestimable. Si le malheur de l’Île de la Cité nous rappelle cela, c’est déjà bien…

En attendant, il faut préserver, se souvenir, reconstruire, restaurer le témoin du passé pour vivre un présent ouvert sur l’avenir.

Vincens Hubac

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La Parole dans nos vies

La foule avance de son pas lent, elle est compacte. Quelques éléments en sortent, d’autres arrivent et pourtant rien ne change. Chaque individu est interchangeable avec n’importe quel autre. Mais voici qu’un nom est prononcé, une personne s’arrête, provoque un remous alentour. Elle a un nom, elle est quelqu’un, on la repère, elle existe. Comme pour le tohu-bohu de la création, par la parole, hors de l’indéterminé et du non-sens émergent la vie, le visible, l’ identifiable. Il est grave de vouloir ordonner la foule, de la faire marcher au pas, de la faire aller au rythme d’une pensée unique. L’uniforme est la plus forte expression du désordre, tout comme la hiérarchie qui ordonne et empêche de penser: on l’a vu dans l’administration de l’ordre totalitaire du XXe siècle. Appeler, c’est faire sortir de l’anonymat, rendre la personne à elle-même. Continuer la lecture de « La Parole dans nos vies »